Information de base sur le trouble de stress post-traumatique
Ces informations sont issues du site Internet www.info-trauma.org (Institut universitaire en santé mentale Douglas, Université McGill) 1/ Qu’est-ce qu’un événement traumatique? Un événement est dit « traumatique » lorsqu’une personne est confrontée à la mort, à la peur de mourir ou lorsque son intégrité physique ou celle d’une autre personne a pu être menacée. Cet événement doit également provoquer une peur intense, un sentiment d’impuissance ou un sentiment d'horreur (American Psychiatric Association, 1994).
2/ Qu’est-ce qu’un trouble de stress post-traumatique (TSPT)? Il s’agit d’un trouble réactionnel qui peut apparaître à la suite d’un événement traumatique.
- Une personne qui développe un trouble de stress post-traumatique présente trois grandes classes de symptômes:
-Elle revit continuellement la scène traumatique en pensée ou en cauchemars (symptômes de reviviscence).
- Elle cherche à éviter - volontairement ou involontairement - tout ce qui pourrait lui rappeler de près ou de loin le trauma (symptômes d’évitement et d’engourdissement émotionnel).
- Elle est fréquemment aux aguets et en état d’hypervigilance (symptômes d'hyperéveil) malgré l’absence de danger imminent.
3/ Est-ce courant de vivre un événement traumatique? Près de 90 % des américains (Breslau et al., 1998) ont vécu un événement traumatique au cours de leur vie (accident de voiture, agression physique ou sexuelle, hold-up, prise d’otages, accident de travail, désastre naturel, etc.). Les taux dans les autres pays occidentaux sont en général plus bas.
4/ Est-ce courant de développer un trouble de stress post-traumatique après avoir vécu un événement traumatique? Chez les personnes exposées à un événement traumatique, 9% ont développé un trouble de stress post-traumatique (Breslau et al., 1998). Les taux peuvent varier en fonction du type d’événement et des caractéristiques de la personne exposée. Les femmes présentent un risque environ deux fois plus important de développer un trouble de stress post-traumatique (Creamer Burgess, McFarlane, 2001; Kessler et al., 1999; Breslau et al., 1991). Au Canada, environ 872 979 canadiens souffrent actuellement du trouble de stress post-traumatique (Van Ameringen et al., 2008).
5/ Quelle est la durée des symptômes? L’intensité et la durée du trouble post-traumatique est très variable, allant de quelques semaines à plusieurs années. Environ la moitié des personnes qui présentent des symptômes de stress post-traumatique s’en remettent spontanément en l’espace d’un an ou deux (Breslau et al., 1998). Chez d’autres, le trouble de stress post-traumatique se chronicise.
Si vos difficultés persistent après plus de 6 mois, il est vivement conseillé de consulter un psychologue. D’autres préféreront consulter avant ce délai. Le trouble de stress post-traumatique est défini par la présence de symptômes dépassant un mois. Si les symptômes persistent au-delà de 3 mois, il s’agit alors d’un trouble de stress post-traumatique chronique. Certaines personnes peuvent avoir des réactions et des symptômes différés et ne présentent aucuns symptômes pour 6 mois ou plus.
6/ Quels sont les autres troubles qui peuvent survenir après un événement traumatique? Un trouble fréquent est la dépression majeure. Elle se ressent par une lassitude extrême, une fatigue, un désintérêt pour ce qui vous entoure, etc. De 30 à 80 % des personnes présentant un trouble de stress post-traumatiques présentent ou présenteront un épisode dépressif majeur (Ducrocq et al., 2004). Les autres troubles qui peuvent apparaître sont les troubles anxieux, les problèmes de santé (fibromyalgie, douleurs chroniques, etc.), les troubles de la sexualité, ou encore l'abus des drogues, d'alcool ou de médicaments (Daligand, 2001).
7/ Est-il possible de présenter un trouble de stress post-traumatique longtemps après l’événement? SUne personne qui a vécu un événement traumatique peut présenter un trouble de stress post-traumatique plusieurs mois, voire plusieurs années plus tard. L’apparition différée des symptômes peut faire suite à un événement déclencheur (anniversaire de l’événement, mise à la retraite, etc.).
8/ Qu’est-ce que la résilience? La résilience exprime non seulement l’absence de trouble après un événement traumatogène mais également la capacité de l’individu à tirer profit de l’adversité (Cyrulnik, 2003). Toutefois, une même personne peut ne pas déclencher de troubles de stress post-traumatique à un événement mais présenter des symptômes à un autre (Damiani & Vaillant, 2003).
9/ Les symptômes du TSPT selon la classification nosographique du DSM-4-TR Le critère A : La confrontation à l'événement traumatique. Le sujet a été exposé à un événement traumatique dans lequel les deux éléments suivants étaient présents :
1. Le sujet a vécu, a été témoin ou a été confronté à un événement ou à des événements durant lesquels des individus ont pu trouver la mort ou être très gravement blessés ou bien ont été menacés de mort ou de grave blessure ou bien durant lesquels son intégrité physique ou celle d'autrui a pu être menacée.
2. La réaction du sujet à l'événement s'est traduite par une peur intense, un sentiment d'impuissance ou d'horreur.
Le critère B : Symptômes d'intrusion L'événement traumatique est constamment revécu, de l'une (ou de plusieurs) des façons suivantes :
1. Souvenirs répétitifs et envahissants de l'événement provoquant un sentiment de détresse et comprenant des images, des pensées ou des perceptions.
2. Rêves répétitifs de l'événement provoquant un sentiment de détresse.
3. Impression ou agissements soudains « comme si » l'événement traumatique allait se reproduire (illusions, hallucinations, flash-back).
4. Sentiment intense de détresse psychologique lors de l'exposition à des indices externes ou internes évoquant ou ressemblant à un aspect de l'évènement traumatique en cause.
5. Réactivité physiologique lors de l'exposition à des indices internes ou externes pouvant évoquer un aspect de l'événement traumatique en cause.
Critère C : Symptômes d'évitement & d'émoussement Évitement persistant des stimuli associés au traumatisme et émoussement de la réactivité générale (ne préexistant pas au traumatisme), avec au moins trois des manifestations suivantes :
1. Efforts pour éviter les pensées, les sentiments ou les conversations associés au traumatisme.
2. Efforts pour éviter les activités, les endroits ou les gens qui éveillent des souvenirs du traumatisme.
3. Incapacité à se rappeler un aspect important du traumatisme.
4. Réduction nette de l'intérêt pour des activités antérieurement importantes ou réduction de la participation à ces mêmes activités.
5. Sentiment de détachement d'autrui ou bien sentiment de devenir étranger aux autres.
6. Restriction des affects (par exemple : incapacité à éprouver des sentiments tendres).
7. Sentiment d'avenir « bouché » (par exemple : ne pas pouvoir faire carrière, se marier, avoir des enfants...).
Critère D : Symptômes d’hyperéveil Présence de symptômes persistants traduisant une activation neurovégétative (ne préexistant pas au traumatisme); au moins deux des manifestations suivantes :
8. Difficultés d'endormissement ou sommeil interrompu.
9. Irritabilité ou accès de colère.
10. Difficultés de concentration.
11. Hypervigilance.
12. Réaction de sursaut exagérée.
Critère E : Les perturbations des critères B, C et D durent plus d'un mois. Critère F : La perturbation entraîne une souffrance cliniquement signi?cative ou une altération du fonctionnement social, professionnel ou dans d'autres domaines importants.