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LES EFFETS COGNITIFS ET COMPORTEMENTAUX DE LA DÉMENCE

QUELS SONT LES EFFETS COGNITIFS ET COMPORTEMENTAUX DE LA DÉMENCE?

La recherche en psychologie nous aide à comprendre comment la démence influence la façon de penser et de se comporter des personnes qui en sont atteinte. La recherche nous aide aussi à déterminer comment nous pouvons apporter des modifications au mileu ou l'adapter, en vue de satisfaire les besoins de ces personnes qui manifestent des changements et des pertes à plusieurs égards, entre autres sur le plan :

  • de la sensibilité sensorielle (ouïe, vue, odorat, toucher);
  • des capacités visuospatiales (comment nous voyons et manipulons les objets);
  • de la mémoire;
  • des autres fonctions cognitives (concentration, attention, jugement, prise de décisions, gestion et organisation des idées et des activités);
  • du comportement.

COMMENT POUVONS-NOUS AIDER LES PERSONNES ET LES SOIGNANTS À COMPOSER AVEC LA DÉMENCE?

L'adaptation d'une habitation aux besoins d'une personne démente suppose que des changements doivent être apportés à son espace physique et à ses activités, tout autant que dans notre façon d'interagir avec elle. Pour créer un milieu aussi sécuritaire et plaisant que possible, il faut tenir compte de tous ses problèmes comportementaux ainsi que de ce qu'elle aime ou qu'elle n'aime pas et de ses habitudes.

1. Sensibilité sensorielle et capacités visuospatiales

En plus de l'appauvrissement des facultés visuelles et auditives qui accompagnent le vieillissement, les personnes démentes ont souvent beaucoup plus de difficulté à percevoir la profondeur, à distinguer les couleurs ou à percevoir les contrastes. Certains changements apportés au milieu peuvent aider ces personnes à surmonter ces difficultés, notamment en :

  • éliminant l'encombrement d'une pièce ou l'ameublement non nécessaire qui prête à confusion et qui peut gêner leur mouvement;
  • installant des mains courantes dans les escaliers afin de réduire les risques de chute;
  • améliorant l'éclairage dans les aires d'activités de la maison, particulièrement les escaliers;
  • réduisant l'éblouissement (p. ex. un revêtement de sol qui ne cause pas d'éblouissement, des stores de fenêtre ajustables);
  • assignant un code de couleur aux pièces;
  • accrochant, par exemple, un rideau dans les mêmes teintes que les murs voisins par-dessus la porte fermée, dans le cas où une porte doit rester verrouillée afin de prévenir que la personne ne parte sans surveillance. De cette façon, la porte est moins évidente et on réduit le risque qu'elle décide de sortir sans surveillance.

 2. Mémoire et autres fonctions cognitives

La mémoire et les fonctions cognitives nous permettent de nous orienter dans le milieu et de savoir l'heure, la date, l'endroit où nous sommes, d'entretenir des conversations, etc.

Pour la personne démente, la perte de ces facultés peut engendrer la confusion, l'agitation et une perte d'indépendance et de maîtrise de son environnement.

Il est possible de se servir de certaines stratégies et de certains indices afin d'aider les personnes démentes à accomplir certaines de leurs activités, à maintenir une certaine autonomie et assurer la maîtrise de leur milieu, tout en atténuant leur besoin de demander à répétition l'information manquante, notamment en :

  • utilisant des étiquettes ou des images sur les armoires afin d'en montrer le contenu (p. ex. tasses à café);
  • collant des signes ou des images facilement reconnaissables sur les portes afin de désigner la fonction d'une pièce (p. ex. le symbole d'une salle de toilette, l'image d'un lit);
  • créant «une boîte à souvenirs» qui contient de petits articles personnels qui peuvent déclencher une conversation significative (p. ex. des photos de famille, d'animaux de compagnie ou des objets lui appartenant);
  • établissant et en maintenant le même horaire quotidien afin de créer un sentiment de maîtrise de l'heure;
  • affichant l'horaire sur un tableau afin de réduire le nombre de questions qui reviennent souvent;
  • mettant bien en évidence les horloges et les calendriers;
  • affichant l'horaire et les postes des émissions de télévision favorites près du téléviseur afin d'accroître leur autonomie et diminuer le nombre de questions répétitives;
  • apposant sur les touches de fonction de l'ordinateur des étiquettes collantes significatives afin de faciliter les rapports Internet et par messagerie électronique;
  • remplaçant les boutons par des attaches en velcro sur les vêtements.

3. Comportement

Les problèmes de comportement sont une source majeure de stress et de préoccupation de la sécurité des personnes démentes et leurs soignants. C'est aussi la première raison pour laquelle les personnes démentes sont soignées dans des institutions.

L'agitation, l'agression, le questionnement à répétition et l'errance dangereuse font partie des problèmes comportementaux. Les sentiments de frustration, de confusion, d'insécurité, d'ennui et le sentiment d'être dépassé peuvent être à l'origine des problèmes de comportement.

Ici encore, un certain nombre d'adaptations du milieu peuvent contribuer à réduire ou à éliminer certains de ces comportements.

a) Un comportement verbal agité et agresif.

Des crises de colère et d'hostilité, le harcèlement verbal, les cris, les imprécations ou l'utilisation d'un langage obscène ou blasphématoire sont les genres les plus usuels de problèmes comportementaux chez les personnes démentes.

Un tel comportement peut engendrer de la frustration à cause de la difficulté de communiquer ou de comprendre ce qui est dit, se sentir dépassé par un trop grand nombre d'informations ou parce qu'il y a trop de bruit (particulièrement à la tombée du jour), essayer d'entreprendre une tâche qui est trop difficile, l'incertitude ou la peur qui accompagne le défaut de maîtrise du milieu ou même l'ennui, la fatigue ou la faim.

Nous pouvons aider en : 

  • utilisant des tableaux d'images qui incitent à pointer sur les images pour exprimer ses besoins;
  • utilisant l'ordinateur comme une aide à la communication à deux voies;
  • réduisant le bruit ou les autres stimulations;
  • désignant une pièce comme un endroit de calme et de repos;
  • faisant jouer de la musique douce;
  • en adoptant une routine quotidienne afin de réduire les incertitudes;
  • fournissant des indices pour aider aux transitions (p. ex. l'odeur de la nourriture aide à se préparer pour l'heure du repas, un molleton qu'on lui remet peut signaler une période de repos ou de calme).

b) Comportement physique agité et agressif.

Bien que beaucoup moins courant, ce genre de comportement peut être très stressant pour le soignant. Le voies de fait ou les comportements violents, lancer des objets, porter des coups, donner des coups de pied, mordre, tirer les cheveux, endommanger la propriété et faire des gestes menaçants sont au nombre de ces comportements stressants.

L'agression physique peut engendrer le même genre de difficultés et de sentiments que ceux à l'origine de l'agressivité verbale. Les personnes peuvent se sentir beaucoup trop stimulées ou dépassées si une tâche est trop difficile ou qu'elle ne reconnaît pas quelqu'un ou quelque chose qu'on lui demande de reconnaître.

Les adaptations du milieu décrites précédemment peuvent aussi aider dans ces cas, particulièrement l'utilisation d'une pièce calme, sans oublier de simplifier les tâches et les instructions.

c) Comportement verbal agité et non agressif.

Des comportements comme la répétition de phrases et de questions, l'émission de bruits étranges, le marmonnement, les plaintes ou le négativisme et les demandes fréquentes d'attention font partie de ces comportements qui peuvent tous être irritants et stressants pour le soignant. Ces comportements dénotent souvent le besoin d'être réassuré. Vous pouvez entre autres :

  • rassurer la personne, particulièrement si elle ne peut plus vous reconnaître;
  • faire jouer de la musique douce en arrière-fond;
  • proposer un objet ou une activité physique familière;
  • afficher un horaire quotidien et indiquer le moment de passer à l'activité suivante;
  • respecter l'horaire;
  • utiliser un planificateur de journée pour rappeler à la personne les plans ou les activités;
  • tenter certaines des adaptations suggérées précédemment à la section Mémoire et autres fonctions cognitives.

d) Comportement physique agité et non agressif.

Ce genre de comportement est moins fréquent chez les personnes démentes et comprend l'errance, la marche sans but, les fugues, la poursuite inappropriée de personnes, l'hyperactivité, les maniérismes ou les actions répétitives. Ce genre de comportement peut être engendré par l'ennui, le manque de stimulation ou le besoin de se sentir utile. Vous pouvez entre autres :

  • proposer de nouvelles activités ou en faire en plus grand nombre;
  • accroître la diversité dans les activités proposées de manière à exercer les différents sens (particulièrement les choses qui peuvent être touchées);
  • fournir des occasions d'un plus grand engagement dans les activités quotidiennes (p. ex. les aspects sécuritaires de la préparation des repas, le nettoyage);
  • organiser un plus grand nombre d'activités sociales.

Vous pouvez voir de courtes vidéos qui démontrent des solutions aux problèmes de comportements répétitifs ou difficiles à l'adresse : http://www.theonlinequilt.com.

4.  Préférences et habitudes personnelles

Afin d'améliorer la qualité de la vie et réduire les comportements problématiques qui peuvent découler de la démence, il est important de trouver le bon équilibre entre la stimulation et le soutien du milieu.

Par exemple, les personnes démentes qui manquent de stimulation peuvent ressentir de l'ennui et de l'inquiétude. En revanche, elles peuvent se sentir dépassé et faire des passages à l'acte lorsqu'elles sont trop stimulées.

Le milieu doit être adapté attentivement aux changements et aux pertes que subissent la personne démente, tout en préservant ses souvenirs, son vécu, ses intérêts et ses habitudes qui lui sont uniques.

POUR OBTENIR PLUS D'INFORMATION

La Société canadienne de psychologie a préparé d'autres feuillets d'information qui portent sur la démence notamment Troubles cognitifs et démence, et La démence chez les personnes âgées.

Pour plus d'information, visitez le site de la Société Alzheimer du Canada à l'adresse http://www.alzheimer.ca.

Vous pouvez consulter un psychologue autorisé pour déterminer si les interventions psychologiques peuvent vous venir en aide. Les associations de psychologie provinciales et territoriales ainsi que certaines associations municipales offrent souvent des services d'aiguillage. Pour obtenir le nom et les coordonnées des associations provinciales et territoriales en psychologie, rendez-vous à l'adresse http://www.cpa.ca/publicfr/societesprovincialesetterritoriales. Le Répertoire canadien des psychologues offrant des services de santé offre aussi un service de listage et se trouve à l'adresse http://www.crhspp.ca.

Ce feuillet d'information a été préparé pour la Société canadienne de psychologie en collaboration avec la Coalition canadienne pour la santé mentale des personnes âgées par Dre Kate Oakley.

Dre Oakley est agrégée de recherche dans le laboratoire de technologie axée sur l'humain, du département de psychologie de l'Université Carleton et une scientifique (à temps partiel) à l'Institut de recherche Élizabeth Bruyère.

Dernière révision : janvier 2009



 

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