Monsieur, Madame,

L’innovation, la source de la plus grande part de la croissance future du Canada, doit être stimulée et soutenue si le Canada doit prospérer au cours des années d’incertitudes financières à venir.

Par la présente, je vous demande d’user de votre influence pour aider à assurer le prolongement et l’amélioration du soutien du gouvernement fédéral à la recherche financée par les deniers publics - un aspect clé de l’innovation - autant dans les universités par le biais des conseils subventionnaires, qu’au sein même des ministères du gouvernement.

La recherche financée par l’État en sciences naturelles, médicales et sociales ainsi qu’en sciences humaines et en génie, joue un rôle essentiel dans l’innovation au Canada. Le pays, et un grand nombre de ses industries, ont besoin de la recherche financée par l’État. Même en période de repli économique, un engagement continu à la recherche financée par l’État est essentiel pour sortir le Canada de l’austérité. Une diminution du financement de la recherche endommagerait le système d’innovation du Canada, ce qui pourrait prendre des décennies à réparer.

La recherche fondamentale, dans un vaste éventail de domaines, mène souvent à de plus grandes percées et demeure la pierre angulaire de l’innovation. La découverte de nouvelles connaissances, qui se produit souvent dans les universités, peut ouvrir des possibilités d’innovations plus ciblées en aval, dans un pays. La recherche fondamentale est à l’origine de villes dynamiques et créatives comme Waterloo, en Ontario. Elle permet à des Canadiens d’accéder à des réseaux internationaux par lesquels une grande partie de la technologie, du savoir faire et des idées s’échange avec l’étranger. Elle joue un rôle essentiel dans la formation de la prochaine génération de chercheurs et d’autres maîtres penseurs, tout en les inspirant, et elle attire des étudiants de l’étranger au Canada (qui à eux seuls contribuent 6,5 milliards de dollars p.a. à notre économie). De plus, la recherche fondamentale amène les universitaires et leurs étudiants à créer des sociétés essaimées de calibre mondial. Une étude récente échelonnée sur plusieurs décennies a estimé que les répercussions économiques des sociétés canadiennes qui provenaient directement de la recherche universitaire canadienne en sciences naturelles et en génie, générait de trois à quatre fois le financement total du gouvernement fédéral/provincial de la recherche dans ces domaines, directement et indirectement, au cours de la même période, et ce même en tenant compte de l’inflation.

En ce qui concerne la protection de la santé et le bien être de la population canadienne et la contribution à la prospérité économique, la recherche dans les ministères gouvernementaux joue aussi un rôle unique et indispensable, assez différent de celui des universités ou de l’industrie. La recherche gouvernementale est à l’origine d’un grand nombre des plus grandes réalisations scientifiques et techniques du pays, qui ont des retombées sociales et économiques majeures et qui sont en lien direct avec les problèmes et les questions sur lesquels le gouvernement doit se pencher dans la prestation des services à sa population. Pour ne citer qu’un exemple, le canola, développé par le Conseil national de recherches Canada et Agriculture Canada, a été de toute première importance dans l’enrichissement de l’Ouest canadien.

Les investissements de l’État dans la recherche en santé nous permettent de nous pencher sur les besoins en santé de la population canadienne, en amont en termes de prévention et en aval lorsque se déclare la maladie.

Comme le Conseil de recherches en sciences sociales et humaines nous le rappelle, l’étude et la recherche dans les sciences sociales et humaines dotent les travailleurs et les leaders de demain d’une pensée critique et créative qui est essentielle à une innovation fructueuse et à la possibilité de relever les défis du XXIe siècle.

Il n’y a pas très longtemps, The Economist, l’une des revues économiques les plus prestigieuses du monde, demandait aux gouvernements du monde d’adopter un petit nombre de politiques pour assurer les emplois de l’avenir; l’une d’entre elles était d’investir en recherche fondamentale. D’autres autorités, depuis le Groupe d’experts en commercialisation d’Industrie Canada, qui est constitué de membres du monde des affaires jusqu’au U.S. Congress Joint Economic Committee, sont du même avis. Au R. U., des études récentes révèlent que les dépenses d’un conseil subventionnaire produisent des retombées énormes sur l’économie en général, et ce, dans un court laps de temps d’aussi peu que quelques années. Ces retombées sont beaucoup plus élevées que celles produites par les crédits d’impôt de la R et D consentis au secteur privé.

Le succès du Canada dépend des connaissances et des compétences qui rendent l’innovation possible. Les investissements de l’État dans la recherche et les études supérieures demeurent la pierre angulaire de l’avenir économique et social du pays. Les chercheurs canadiens sont prêts à relever les défis de l’avenir du pays. Nous, et tous les Canadiens, comptons sur votre soutien indéfectible.

Nous vous remercions.

c :

L’honorable James M. Flaherty, C.P., député, ministre des Finances
L’honorable Christian Paradis, C.P., député, ministre de l’Industrie
L’honorable Gary Goodyear, C.P., député, ministre d’État (science et technologie)